Deux fois mieux

Quand on est deux, ça va deux fois mieux…

16 septembre: Saint Edgar

September24

Commencez tu-suite à frapper des médailles à mon effigie. J’ai decide d’être supra-fin, un vrai saint. J’ai décidé que je faisais plaisir aux gens. “ET là, est-ce que je te fais plaisir?” “Je te fais plaisir, hein?” “Tu es contente, hein?” J’invite Béa dans ma tente, je lui prête des livres, etc etc. Maman m’a fait comprendre que je pouvais lui faire plaisir, à elle et à Béa. Il n’en tenait qu’à moi. J’ai ce POUVOIR….

Je vais les gagner, mes indulgences, je vous dis.

14 septembre: la course du stade olympique

September24

C’est une discipline olympique dûment reconnue: la course du stade olympique de Montréal.
ET Mia, Nathan, Eden, Nicolas et moi y avons dignement participé.
Ça prend de l’entraînement, la course. FAut d’abord y penser longtemps à l’avance, au moins deux mois. Pendant ces deux mois, il faut achaler souvent papa et maman.
Ensuite, la course commence. Il faut se lever très tôt le matin. Pour Mia, il faut se lever encore plus tôt, s’habiller vite et déjeuner dans l’auto. Pour Nathan, il faut traîner Nicolas et Eden. Puis, il  faut se suivre en auto jusqu’au metro. Puis il faut trouver un endroit de stationnement. Puis, il faut rater un metro. Puis il faut bien se tenir en metro. Puis il faut sortir du metro et se dépêcher de prendre un autre metro.  Puis, il faut sortir se fier à son système G (grégaire) et suivre du monde pour trouver l’emplacement du depart du marathon. Il faut marcher dans des chemins pas sûrs, plein de gazon. Puis il faut se tromper comme tout le monde. PUis il faut grimper des montagnes et emprunter des chemins bizarres où il y a eu des deals de drogue la veille. Il faut monter la poussette, il faut pas glisser dans des chemin boueux. Il faut courir vite parce qu’on vient d’entendre le signal du depart du marathon et qu’on n’est pas encore arrives. IL faut finalement arriver à la ligne de depart. Enfin, ce n’est que là qu’on peut se reposer et courir tranquillement vers l’heure de gloire au stade olympique.

Ben, laissez-moi vous dire que j’ai accompli une performance digne de euh… dépasser en tous points celle de l’année passée! Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir quatre ans, ou le fait de courir avec papa… Nathan quant  à lui, a donné son 110% pour être certain qu’il ne vivrait pas la honte de se faire dépasser par son cousin. Et Mia suivait rondement, en arrêtant un ti-peu des fois.

Résultat: comme dit papa, Nathan est arrive le premier parmi les 5 ans, moi je suis arrive le premier parmi les 4 ans et Mia est arrivée la première parmi les 3 ans.
On a tous adoré notre voyage au stade olympique. ET les collations et les jeux (Béa ne voulait plus en sortir). On a surtout adore notre retour: la cascade incroyable de Nathan dans le metro pour arriver à sauver la bouteille d’eau et ce, sans renverser une goutte!

On est vraiment des athletes.

14 septembre: Comment savoir que tu manges trop de resto

September24

On est pas mal plus santé que les mois de mai et de juin, mois où on a consommé allègrement du fast food et du commandé (ndlr: ils exagèrent: c’était à raison d’un resto par semaine).

Mais tu vois que l’habitude resto est rentrée dans le cerveau quand:
-    au parc, Edgar ne joue plus “au resto” avec le sable, il joue “au McDo” (13 septembre)
-    à la maison, quand Béatrice entend la sonnette, elle s’écrie “La pizzzzzaaaaaa!” (14 septembre)

(note: c’est quand même triste, parce qu’avant, un cognement à la porte était suivi de “Clôôôôd!!!”)

11 septembre: Excuse-moi Loulou

September24

Tu tenais à m’apprendre mes lettres. En fait, toi et Claude, vous aviez une secrete chicane à propos de qui des deux allait m’apprendre à lire.

Ben, je sais pas encore lire. Mais je sais écrire. Presque toutes les lettres, nommez-les.

Il y a deux semaines, j’avais encore peine à écrire mon “E”. Maintenant, j’aligne toutes les lettres de mon nom, le B, le O (pfuu! Facile), le N, le M, le L et quoi d’autre. Je commence même à dessiner des petites lettres comme le A.

C’est au souper qu’on est venu sur le sujet de mon nom. Et que papa m’a demandé comment on écrivait, dans les airs, le E. Puis après, comment écrivait-on ELMO? J’ai dit que ça prenait un L (dessin imaginaire dans les airs). Qu’il fallait un M (re-dessin), puis un O (re).  Ma mère n’en revenait pas. Elle savait que je pouvais reconnaître qu’il y avait telle lettre dans tel mot (le son “M”, toutes les voyelles, le son “L”, le son “R”, par exemple). Mais de là à utiliser la motricité fine, qui n’était pas mon fort, il y avait un pas, croyait-elle.
Ben non. Ma mère oublie que je suis entré dans la classe d’Aïsha. Et pouf! J’écris désormais.
Alors, toujours au cours de ce même souper, maman a sorti papier et crayon et m’a demandé d’écrire mon nom.

Résultat:

Bon. Ok. Les résultats sont variables. Parfois, comme devant Loulou et Réal, le 14 septembre, j’inverse les pattes du E. Et la qualité est parfois inégale. Mais n’empêche: je suis désormais capable de signer mes oeuvres.

Pis des cheques aussi… eh eh eh….

9 sept Pousse, pis pousse égal

September24

Depuis deux semaines, si on s’intéresse à mon péteux, on s’intéresse aussi à Edgar, d’où la visite à la clinique le 31 août dernier.  Pourquoi Edgar fait-il aussi d’urticaire depuis deux mois? Pourquoi dit-il qu’il a mal au ventre? Et ce mal d’oreille alors que pourtant, la docteur confirme qu’il n’a ni otite, ni eau qui traîne derrière le tympan?

Je pense que je commence à comprendre. C’est parce qu’Edgar a une soeur, désormais. Pas un bébé inodore, incolore et sans flavor, là. Une petite bonnefemme qui a des idées politiques (je suis droitière), des ambitions (faire tout toute seule),   des idoles (Minnie et Dora), une utilité sociale (je mets les couverts sur la table), des facultés (dont celle de tracer à la perfection de minuscules ronds à l’infini sur toute la surface d’une feuille de papier, je suis reconnue à la garderie pour ma patience incroyable devant une feuille de papier), des lubies (1: être à l’affût et dénoncer vivement les “tout nus” qui osent se promener en bedaine   2: faire dessiner des autos à maman), un rire (machiavélique), une aptitude physique (je sauté désorais à pieds joint depuis le 10 septembre environ), un intellect (on s’est apercus que je reconnaissais la plupart des couleurs: jaune, vert, rose, mauve, bleu, rouge, blanc, etc), un sens de l’humour (“papa est un bébé!”,  début juillet 2008), une éthique personnelle (j’ai commencé à tousser dans mon coude… ben, sur mon coude), une “bonne mémoire” (ça c’est mes éducatrices qui l’ont écrit dans mon cahier le 5 septembre dernier), des amis de garderie, des déguisements (qu’il me vole), des gouts vestimentaires (j’aime le chandail “Stop, Obey The Gravity It’s The Law” de papa) des jouets qu’il n’a pas (Eva) ou qu’il n’a plus (ses anciens casse-têtes de 24 morceaux et moins) et le même cousin et les mêmes cousines que lui (“non! Nathan, c’est PAS le cousin de Béatrice! C’est un ami!”) . Une personne qui jase de plus en plus, malgré l’inventaire réduit de consonnes dont elle dispose.
Bref, j’ai une personnalité en titi. À la garderie, je suis connue, même par les éducatrices des autres classes: quand je me mets en colère, tassez-vous de là. IL a fallu du temps pour que j’apprenne à m’asseoir patiemment par terre au lieu de me pitcher dehors. Que j’accepte d’être attachée par la main pour la promenade. Que je prête des jouets.  À la garderie, Ximena s’étonne même que je sois si peu confrontante à la maison. Et ils compatissent tous avec le pauvre Edgar qui a, selon eux, moins de caractère que moi et qui doit en voir de toutes les couleurs. Je soupçonne que si mon pauvre Edgar a récemment demandé un bandeau de tête et des bandeaux de bras “comme ceux des Calinours”, c’est non seulement parce qu’il est une grosse douceur, mais parce qu’il commence à penser qu’un peu de protection contre mes attaques ne lui ferait pas de tort. (ndlr: Edgar veut un collier de Hulk aussi…)
C’est vrai que je commence à malmener un peu Edgar. Il me pousse? Ben MOI AUSSI, D’ABORD! Je le pousse dans l’auto, je le pousse dans sa chambre, je le pousse à la garderie. Je lui refuse ses calins, lui qui veut toujours faire des calins. Mais câline! Des Calins n’importe quand! Papa et maman ont convenu avec lui de d’abord me demander la permission avant de m’administrer un câlin.
Sauf que, voyez-vous: je fais pitié aussi. Egar m’en sacre des belles lui. Tenez, aujourd’hui, il m’a donné un coup dans le ventre –et dans le bain- et j’ai glissé je suis tombée dans l’eau. J’ai failli me noyer! En trois secondes, Edgar était hors joute et dans son lit.
De plus en plus, il me tape. Il refuse d’entendre mes chansons dans l’auto le matin (j’ai une meilleure oreille que lui) et hurle, et maman hurle après lui.
De plus en plus, il dit qu’il ne m’aime pas. Qu’il ne veut pas que je sois là. Qu’il veut être dans les bras.

C’est à tout ça que je pensais l’autre jour, quand on est allés chercher le GALLON de sa crème Glaxal pour sa peau. Et je me suis dit que mon frère prenait mal que j’existe.

Et c’est là que la fille au comptoir de la pharmacie s’est écriée en nous voyant les deux bettes de clône (et de clown) : “Eh boy! Y sont faits sur le même moule, eux autres!”. On a répondu en choeur: “ouiiiiiiiii!” Et avant de partir, maman nous a demandé de la saluer. Et nous avons dit en choeur: “Byyyyyye!”. On avait l’air d’enfants parfaits, polis, brillants, vivants, enthousiastes et complices. (On l’a bien bernée, la pauvre fille du comptoir, eh eh)

N’empêche qu’il y a un peu de vrai. On s’aime quand même. Le matin, Edgar m’encourage à manger mon lin – que maman rebaptise “mmmm du bon sucre de lin…”.  Il veut savoir ce que je veux porter (la quantité de compliments qu’il fait en ce moment sur le linge de tout le monde, c’est à se douter qu’il va virer Éric Salvail). On joue ensemble sous la table. On conspue tous les deux notre père. Bref, on a plein de points en commun.

Fa que, c’est ça, le problème de la peau et des Oreilles de Edgar et de mon péteux à moi. On est frère et soeur. Je lui donne de l’urticaire sans compter qu’yé pus capab de m’entendre. Pis lui, je l’ai dans l’c….

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